Union Sportive de Douala: Opération kamikaze pour le comité directoire

Le Jour : David Eyenguè & Claude Elisabeth Eyenguè (stagiaire) mercredi 20 octobre 2021 10:53 823

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Les huit personnalités nommées il y a quelques semaines pour conduire les Nassaras, multiplient des réunions pour ramener le public et faire remonter l’équipe.

C’est avec beaucoup de courage que les nouveaux dirigeants des Verts et Blancs de Douala ont annoncé le début de la période de recrutement pour la saison 2021 – 2022. Relégués en Ligue 2 après 63 ans passés au plus haut niveau de l’élite, l’Union Sportive de Douala est le premier club de Ligue 2 qui a annoncé la reprise de ses entrainements. Et pour galvaniser ceux des membres et supporters qui avaient quitté le club depuis quelques temps, l’équipe du directoire a précisé au bas du communiqué : « le recrutement se fera sous la conduite d’Hermann Oumarou Sokba, nouvel entraîneur ».

Une dernière partie qui a attiré de nombreux joueurs et supporters, des inconditionnels qui clament déjà tous la réussite de cette équipe, si le choix a été porté sur cet entraîneur.

Depuis plus d’une semaine, ils sont des centaines d’inconditionnels qui assistent aux tests de recrutement qui se passent au stade de Camrail Saint Eloi de Bassa entre 9 heures et 11 heures. Plusieurs membres du directoire sont présents, attentifs et répondent aux nombreuses sollicitations des supporters qui voient déjà en eux, les sauveteurs. Joseph Kamga, un des anciens joueurs et membre de ce directoire se rend disponible à tous : « Nous avons deux choses essentielles à faire, ramener notre public vers l’équipe et remonter rapidement en Ligue 1, parce que c’est là-bas qu’est notre place ». Si le recrutement confirmé de Sokba Oumarou est la première opération de charme, on dit aussi que de nombreux membres partis ont déjà fait des promesses de financement du club pour la réussite de cette opération kamikaze.

Réactions

“On attend les supporters pour l’opération sauvetage”

Me Pahere Paul. Le secrétaire général directoire d’Union sportive de Douala fixe le cap des missions qui lui sont confiées.

A écouter les noms cités dans la liste des 8 responsables nommés il y a quelques semaines au bureau directoire d’Union Sportive de Douala, certains se demandent qui est celui qui a été nommé Secrétaire Général ?

Je suis Me Pahere Paul, je suis avocat de profession et ancien supporter d’Union de Douala. Mon action à Union débute en 1983 quand je suis encore au lycée, j’ai perduré à Yaoundé au comité de soutien estudiantin, j’ai persisté jusqu’à ce jour. Quand on m’a appelé pour dire que je pourrais assurer des fonctions de secrétaire général de manière provisoire, j’ai adhéré à cela et je me suis senti très honoré par le Prince Ngassa Happi. Je suis prêt à tout mettre en œuvre pour qu’Union se relève et remonte en première division.

On a entendu certains supporters dire qu’on a donné le meilleur poste de l’administration à quelqu’un qui sort de nulle part…

Mais ceux-là ignorent complètement que depuis 2007, j’ai été rapporteur au bureau. Sur 10 rapports de réunions d’Union sportive de Douala, j’en ai fait au moins 7. Je ne suis pas un étranger dans la maison, je suis Président du Comité de Soutien NEW STYL (un quartier de la ville de Douala, Ndlr), j’ai d’abord été chargé de missions, par la suite Secrétaire Général Adjoint sous Franck Happi et aussi un peu conseiller juridique. Donc je ne suis pas étranger, c’est un vieil unioniste qui est en train de s’exprimer.

Secrétaire Général-adjoint sous Franck Happi, vous ne vous sentez pas redevable de ce qui est arrivé ?

Je ne saurais me sentir redevable parce que les fois où j'ai exercé mes fonctions de secrétaire général adjoint, c’est quand il y avait le conseil d’administration. Vous vous rappelez la dernière assemblée à BYBLOS il y a eu une équipe de quatre personnes qui devaient conduire l’Union, c’est entre leurs mains que l’Union descend. Donc je ne saurais être tenu comme un des responsables.

On peut aujourd’hui regretter d’avoir laissé Union descendre alors qu’il y avait quelque chose à faire ?

Oui, on regrette c’est vrai que personne ne voulait porter cette charge, mais on connaît ceux qui l’ont fait. A un moment, quand on a perdu la confiance avec le peuple c’est l’occasion de se retirer. Mais quand on persiste à se maintenir, c’est ce qui nous pousse à nous retrouver en deuxième division aujourd’hui. Parce que les voix se sont élevées et dès lors qu’il y a discorde entre les supporters et le Président il faut comprendre que ça ne va pas et il faut laisser. Parce qu’il faut savoir quitter les choses avant que ces choses ne vous quittent. On a espéré, on a eu des comités de sauvetage mais c’était déjà trop tard et on se retrouve maintenant en D2 ce qu’on n’aurait jamais souhaité pour ce club mythique.

Aujourd’hui vous pensez que la tâche est lourde pour vous ?

Oui elle est lourde. Nous sommes sous pression, vous savez que le mercato c’est d’ici le 23 (octobre 2021, ndlr), nous sommes actuellement en train de faire des recrutements, la pression est énorme. On fait à peu près une à deux réunions par semaine pour pouvoir remettre les choses sur les rails. Il faut maintenant que les supporters fassent confiance à cette équipe qu’on a mise en place pour sauver l’Union de Douala.

Propos recueillis par Claude Elisabeth Eyenguè (stagiaire)

Réaction

« Je suis le sapeur-pompier de Services »
Pierre Bep Solo, membre du directoire

Les gens connaissent Bep Solo champion mais on ne connaît pas Bep Solo qui a sauvé l’Union à trois reprises. Quand je suis arrivé à l’Union, il devait descendre, c’est comme ça que j’ai été sélectionné à l’équipe nationale. On m’a sélectionné parce que je sauvais l’Union de la relégation à Akonolinga en 1973. Union descendait. Je ne suis jamais parti, il y a parfois des bousculades qui me mettent à l’écart mais je suis de la maison. Quand on réfléchit bien comme en ce moment. En 2005 j’étais à Buea pour les inter-poules. Je suis un sapeur-pompier, quand c’est mauvais. Sauf que cette fois ci, ils n’ont pas compris à temps, j’ai tiré la sonnette d’alarme, j’ai dit que faite vite il ne faut pas que l’Union glisse entre nos mains. Malheureusement, on a bouché les oreilles et puis voilà, il se fait tard. Pas trop tard mais on a demandé qu’on arrive qu’on redresse et on va faire de notre mieux.

Propos recueillis par D.E