Gianni Infantino dans le viseur de la justice

Mutations : Désiré Domo lundi 3 août 2020 11:24 511

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Le procureur fédéral extraordinaire suisse a décidé d'ouvrir une procédure pénale à l'encontre du président de la Fédération internationale de football association.

Son arrivée risque de déstabiliser la Fédération internationale de football association (Fifa) ainsi que son président, Gianni Infantino. Quatre semaines seulement après sa nomination comme procureur fédéral extraordinaire, Stefan Keller fait déjà parler de lui. Le magistrat suisse a décidé d’ouvrir une procédure pénale le 31 juillet dernier contre le patron de l’instance faîtière du football mondial, élu il y a cinq ans après la déchéance de son prédécesseur Sepp Blatter.

L’Italo-suisse est en effet soupçonné de collusion avec le procureur général de la Confédération suisse, Michael Lauber, dans le cadre des affaires de corruption touchant l’instance internationale du ballon rond. Michael Lauber est chargé depuis 2015 de gérer le dossier du scandale de corruption dans le football (Fifagate). Le haut magistrat de 54 ans est soupçonné d'avoir négligé plusieurs devoirs de sa fonction, en rencontrant notamment, de manière informelle et à trois reprises, le Gianni Infantino, entre 2016 et 2017.

Stefan Keller dit dans un communiqué avoir constaté « des éléments constitutifs d'un comportement répréhensible en rapport avec la rencontre entre le procureur général Michael Lauber, le président de la Fifa et le premier procureur du Haut-Valais ». « Les infractions concernées sont l'abus d'autorité, la violation du secret de fonction, l'entrave à l'action pénale et l'instigation à ces infractions. D'autres infractions et ouvertures de procédures demeurent réservées », explique-t-il. Des rencontres que la Fifa n’a jamais démenties. « Le président de la Fifa n'a certainement rien fait de mal en rencontrant M. Lauber », a indiqué en juin, dans un communiqué, Emilio Garcia, le directeur juridique de la Fifa.

D’ailleurs, dans sa déclaration datant du 25 juin dernier, Gianni Infantino précise que « rencontrer le procureur général de la Confédération est absolument légitime et légal. Cela ne viole aucune règle ». Au contraire, « cela s’inscrit dans la droite ligne de mes obligations fiduciaires en qualité de président de la Fifa », renseigne l’homme de 50 ans.

Lors de l’arrivée de Gianni Infantino à la tête de l’instance, la Fifa était impliquée en qualité de victime dans plus de 20 procédures, rien qu’en Suisse. Pour le patron du football mondial, « il était donc normal que je soutienne le procureur général dans la clarification des événements dont il était question. J’espérais ainsi contribuer à la condamnation de tous ceux qui ont commis des actes répréhensibles et terni l’image de la Fifa ». Gianni Infantino est-il donc parmi ceux qui ont contribué à ternir l’image de la Fifa ? La justice suisse nous le dira.