Raphaël Messi Bouli : « Le niveau du championnat est élevé en Inde »

Le Jour : Propos recueillis par Achille Chountsa jeudi 30 juillet 2020 00:58 832

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L’ancien attaquant d’Apejes de Mfou et international A’, sociétaire de Kerala Blasters Fc, parle de sa saison, de la pandémie du Covid-19 et de ses projets personnels.

Qu’est-ce qui peut expliquer votre présence au Cameroun en ce moment ?
Ma présence au Cameroun en ce moment est justifiée par cette pandémie du coronavirus. C’est pourquoi je suis au pays et j’attends. J’ai trouvé la pandémie qui sévissait déjà au Cameroun ? En quittant l’Inde où j’évolue à Kerala Blasters Fc dans la ville de Kochi, les cas de la pandémie coronavirus étaient déjà nombreux. Nous étions déjà éliminés pour la course aux play-offs en championnat, j’en ai profité ; j’ai demandé quelques semaines de congés pour venir au Cameroun. Aussi, j’attendais un événement heureux, parce que ma petite amie devait accoucher (désormais papa d’un garçon, ndlr) et du coup, en arrivant au pays, la crise sanitaire avait pris de l’ampleur et je suis resté sur place.

Comment avez-vous vécu ces moments de confinement au Cameroun ?
C’est un événement inattendu ; un cas de force majeure. On n’a pas prévu ça. C’était difficile et on ne pouvait rien y faire, étant donné que la santé compte pour tout le monde. On s’est retrouver à faire face à cette pandémie qui frappe partout dans le monde. Du coup, le plus important a été de passer ces moments en famille et de préserver la santé.

Vous êtes resté en contact avec votre club ?
Nous sommes bien restés en contact. Nous discutons tout le temps. C’est vrai que la saison en Inde, comme dans beaucoup d’autres pays, n’est pas allée à son terme, parce qu’on n’a pas pu jouer la Coupe. En championnat, nous avons été éliminés pour la course aux play-offs. À l’issue du championnat qualificatif pour les playoffs, une équipe l’a remporté, Athlétic club de Calcutta. Et le gouvernement indien a décidé de mettre un terme à la saison et renvoyer toutes les équipes à aller se préparer pour la saison prochaine.

Parlant de cette saison, quel est votre bilan personnel dans ce championnat indien ?
Je tiens d’abord à dire que j’ai passé une belle saison, grâce à Dieu. J’ai fait un saut dans l’inconnu dans ce championnat indien, après un bref passage de 6 mois à Foo Lad Fc Kauzestan, en Iran. J’ai été agréablement surpris à mon arrivée en Inde, parce que le niveau est élevé ; il y a beaucoup d’étrangers. Chaque équipe, suivant le règlement, a droit d’avoir en son sein sept étrangers. Personnellement, je suis arrivée dans une bonne équipe avec beaucoup de supporters. Et sur le plan comptable, mes statistiques personnelles affichent 17 matchs disputés, 8 buts inscrits et deux passes décisives. Je puis dire que ça été une bonne saison pour moi. Je dois dire merci à Dieu et on va continuer à travailler pour l’avenir, la saison prochaine.

Vous comptez retourner toujours à Kerala Blasters Fc, en Inde ?
J’avais signé un contrat d’un an avec ce club. Il fallait que je le renouvelle. Mais, je ne le l’ai pas fait étant donné qu’on n’avait pas prévu les effets de la pandémie du Covid-19. Néanmoins, nous sommes en pourparlers ; ça traîne un peu et j’espère que mes agents et les dirigeants du club vont trouver un accord et que tout va aller pour le mieux.

Vous n’avez pas d’autres sollicitations ?
Il y en a toujours, surtout quand vous avez de bonnes statistiques en club, comme je l’ai fait. Maintenant, ça dépend du projet, de ce que le club présente. En tant que joueur, il ne sert à rien d’aller dans une équipe où on n’aura pas de temps de jeu, où on n’est pas épanoui sur et en dehors du terrain. Le plus important pour moi est d’être à un endroit où je suis épanoui, où je peux vivre tranquillement ma vie.

Après la finale de la Coupe du Cameroun remportée avec Apejes en 2016, on vous a vu en au Chan 2018 et après vous êtes parti. Quel a été finalement votre itinéraire ?
Après cette finale de la Coupe du Cameroun, je suis resté encore une saison à Apejes. Cette saison qui nous a conduites en compétition africaine. En même temps, j’ai pu rejoindre la sélection nationale A’ où nous avons disputé les éliminatoires du Chan 2018 à l’issue desquelles nous nous sommes qualifiés. J’ai pu disputer ce Chan au Rwanda. C’est après ce Chan que je suis parti pour la Chine, puisque j’avais déjà signé mon contrat avant la compétition. Après le Chan, je suis revenu au Cameroun pour les formalités afin de rejoindre la Chine, à Yanbian Funde Fc en Chine, de Ligue 1, c’est-àdire la deuxième division chinoise. J’ai joué là-bas une saison (2018). Après, je me suis retrouvé en Iran, à Foo Lad Fc Kauzestan. Je suis parti de la Chine, parce que mon équipe a eu des soucis et a été dissoute. Ça été un peu compliqué sur le plan financier. Du coup, je me suis retrouvé en Iran, pour faire une pige de 6 mois à Foo Lad Fc Kauzestan. Après, je me suis donc retrouvé en Inde en septembre 2019.

Votre ambition, c’est quoi maintenant ?
C’est de toujours prendre du plaisir à jouer. Je dois essayer de progresser et continuer toujours à être le meilleur pour moi-même, essayer d’arriver où j’ai envie, c’est-à-dire jouer le top niveau. C’est ce qui m’intéresse ; être au top niveau. Et parallèlement, si je peux prendre soin de ma famille, c’est le plus important. Vous semblez vous plaire après avoir pris la route de l’Asie. Vous n’êtes pas tenté par le championnat dans un pays européen ? J’ai certes pris le chemin de l’Asie. Mais, le football se joue partout, même en Afrique. Pour moi, le plus important est d’être à un endroit où je dois gagner mon pain, où je dois m’épanouir. L’Europe, c’est bien beau. Mais, pour l’instant, je n’y pense pas trop. Je reste focalisé sur mes objectifs personnels.

Et la sélection nationale ?
Tout le monde rêve de la sélection nationale. Ça été un plaisir, un honneur, une grâce pour moi d’avoir été appelé en sélection en 2017, à l’occasion des éliminatoires de la Coupe du Monde Russie 2018, avec le coach Hugo Broos. J’ai participé au dernier match et j’ai vraiment aimé mon séjour là-bas. Ça m’a boosté ; ça m’a encore donné de l’énergie. J’ai bien envie d’y retourner. Mais, je pense qu’il faut être prêt. En ce moment, il y a des joueurs qui méritent la sélection par rapport à leurs championnats et leurs statistiques. Le plus important pour moi, c’est de continuer à travailler. Si un jour, j’ai la possibilité d’y revenir, pourquoi pas. Mais il faut être performant, et se donner les moyens pour y être.