Kareen Takem : Du bureau feutré au ramassage de balles

Le Jour : David Eyenguè jeudi 19 mars 2020 00:00 903

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Ce cadre de l’administration à Hydrac a tronqué sa casquette d’opérateur de marquage dans l’entreprise pétrolière, à celle de ramasseuse de balles au tennis un week-end.

Pour respecter les conseils des parents et pousser plus loin dans les études, cette native de Mamfé dans le Sud-ouest a suivi un cursus scolaire et universitaire strict qui l’a menée à un Master Degree in Quality and management, Master en gestion de qualité à l’institut universitaire Istama en 2015. Date à laquelle elle est recruté à Hydrac, et occupe le poste d’opérateur de marquage.

Jusqu’à une date très récente, Kareen Takem ne pratiquait que la danse pour la forme. Depuis deux ans, elle a connu le tennis et Happy Sport lui offre une occasion de pratiquer le sport de ses rêves : « J’ai toujours aimé le tennis depuis toute petite, même si je n’ai pu le pratiquer que depuis deux ans. Et ceci, grâce au contrat de notre entreprise qui nous permet de pratiquer le sport dans ce complexe de Makepe ». Dans sa période d’apprentissage de la discipline, elle a intégré un groupe de vétérans plein d’idées qui l’ont intégrée rapidement : « ces derniers moments dans notre club étaient marqués par une ambiance d’élections, et nous les dames avons été approchées pour intégrer les différents groupes. J’ai accepté d’accompagner Monsieur Lowe qui a de très grandes idées comme celle de ramasser pour les autres, une action de campagne ».

Les membres vétérans du club de tennis ont été éblouis par une affiche qui annonçait que Kareen Takem fera le travail de ramasser les balles pendant quatre heures le samedi 14 mars 2020. Une idée de son groupe qu’elle a trouvée géniale : « Ramasser les balles pour deux joueurs d’un certain âge, c’est la meilleure chose que vous pouvez faire pour avoir la sympathie de tout le monde sur un court de tennis. J’ai directement donné mon accord, même si j’ignorais l’ampleur de la tâche ».

Pendant quatre heures, le cadre d’entreprise s’est donnée à coeur joie à une activité très souvent réservée à des subalternes : « En tant que leader, il est souvent important de pratiquer l’activité des autres pour mieux les comprendre. Ce jour-là, j’ai appris beaucoup de choses, les difficultés que rencontrent les ramasseurs au tennis. On a souvent l’impression que ce sont les joueurs qui souffrent dans un match serré, mais le ramasseur est un élément important dans les performances de l’un ou l’autre ». Une activité que Kareen est prête à recommencer, d’autant qu’elle a été faite ambassadrice de son club de tennis par le président : « Chaque fois que vous devez faire don de soi pour le bien des autres, c’est un honneur. Depuis ce fameux 14 mars 2020, j’invite d’ailleurs mes collègues du bureau à venir non seulement pratiquer le tennis, mais à vivre d’excellentes expériences comme la mienne ».

Ramasser les balles pour les autres au tennis, un concept de vétéran qui consiste, selon Gabriel Lowe, à se rabaisser pour prendre de la hauteur.