Que vaut Karl Toko Ekambi après son passage en Liga ?

footmercato : Max Franco Sanchez mardi 21 janvier 2020 02:18 406

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Après une saison et demie à Villarreal, l'international camerounais est de retour en France, à l'Olympique Lyonnais. Mais que peut-il vraiment apporter à l'équipe de Rudi Garcia ?

Parti tenter sa chance en Espagne à l’été 2018, Karl Toko Ekambi a signé son retour en France un an et demi plus tard. Un transfert qui fait parler entre Rhône et Saône, puisque les supporters lyonnais ne sont pas tous vraiment convaincus de l’utilité de son arrivée. Premièrement pour des raisons de profil, mais également de niveau. Pourtant, le KTE qui a quitté Angers est bien différent de celui qui va signer à l’Olympique Lyonnais. Son adaptation à l’Espagne n’a pas forcément été évidente, notamment la saison dernière à cause des bouleversements qui ont eu lieu sur le banc de touche du Sous-Marin Jaune, mais il a ensuite réussi à devenir un joueur important de l’équipe entraînée par Javi Calleja.

Ce qu’il convient de préciser avant tout, c’est qu’il a eu un rôle assez hybride à Villarreal, dans une équipe qui a justement souvent changé de dispositif. On l’a donc souvent vu jouer en pointe quand le dispositif choisi a été le 4-4-2, ou à gauche et surtout à droite dans une formation avec trois éléments offensifs. C’est pendant le début de cette saison qu’on a vu le meilleur visage du Camerounais, dans le 4-3-3 de Calleja. Là, il a endossé un rôle assez hybride, alternant entre le poste d’attaquant de pointe et le couloir droit. Des permutations constantes qui lui ont permis, avec Gerard Moreno qui a aussi bénéficié de l’excellente entente entre les deux hommes, d’afficher des prestations de très haute volée. Résultat des courses, Karl Toko Ekambi a été élu meilleur joueur du mois d’octobre en championnat.

Du bon, et du moins bon

Une belle ligne sur le CV certes, mais qui ne doit pas cacher ses problèmes de régularité. On a souvent tendance à utiliser l’expression « capable du meilleur comme du pire » lorsqu’on analyse les prestations d’un joueur. L’attaquant passé par Sochaux fait lui aussi partie de ce type de joueur qui manque de constance et qui, à son meilleur niveau, est capable de faire de sacrées différences. En revanche, quand il n’y est pas... C’est peut-être son problème. A force d’avoir deux casquettes et d’être trimbalé à deux positions, celle d’ailier et celle d’attaquant de pointe, dans des systèmes en plus assez variables, il peine à vraiment s’installer et performer sur la durée.

Sur la fin de l’année civile 2019, il a disparu des onze de départ de son entraîneur, et c’est le jeune Samuel Chukwueze qui a pris place de façon définitive à droite, avec Moreno toujours présent en pointe et un couloir gauche occupé par Moi Gomez. Des remaniements qui ont donné raison au tacticien espagnol au vu des résultats, même si on peut penser que Gerard Moreno a par exemple pâti de son absence et qu’elle peut être l’une des raisons de son petit passage à vide. Globalement, Karl Toko Ekambi est un joueur difficile à cerner, sa façon de courir assez peu académique et un peu désarticulée ne plaidant pas pour lui, mais ce n’est pas juste un joueur rapide et puissant. Loin de là, même s’il a des qualités physiques évidentes. Il a une qualité technique indéniable que l’on peut voir dans ses conduites toujours bonnes, sa facilité à éliminer des adversaires ou même ses prises de balle. Combien de fois on l’a vu débouler sur un côté et prendre la défense de vitesse pour se présenter dans les derniers mètres adverses et ensuite faire le bon choix, avec un service pour un partenaire ou une bonne finition.

Est-il le joueur dont l’OL a besoin ?

C’est clairement dans le dernier geste qu’il a le plus progressé pendant son séjour ibérique ; un domaine où il affiche donc peu de déchet pour un joueur offensif. Sa rencontre face à Alavés en début de saison (victoire 4-1) est le symbole de sa palette offensive assez large et de sa polyvalence dans différents rôles. Sur le premier but, il file dans le dos de la défense, excentré côté gauche, pour s’en aller défier le portier rival, qu’il trompe à merveille malgré un angle quasi fermé. En deuxième période, il est à la réception d’un centre venu du côté gauche, qu’il n’a plus qu’à pousser au fond, dans un pur style de renard des surfaces. C’est un joueur qui sera précieux sur les transitions rapides, mais un peu moins lorsqu’il faut mettre le pied sur le ballon pour temporiser ou construire. C’est peut-être là qu’effectivement, il peut y avoir doublon avec les joueurs présents dans l’effectif lyonnais. KTE n’a pas ce profil d’ailier plus créateur et pausé que pouvaient attendre les supporters.

Dès qu’il reçoit le ballon, il se tourne immédiatement en direction de la surface rivale et a toujours tendance à vouloir percer des lignes via une course de balle ou une transmission vers l’avant, de façon assez propre généralement. Ce qui peut être à la fois une qualité comme un défaut, en fonction du style de jeu que veut donner l’entraîneur à son équipe. Du côté de Villarreal, il a évolué dans un contexte assez propice et offensif, avec de bonnes rampes de lancement derrière lui notamment, comme Santi Cazorla. À l’OL, Rudi Garcia alterne entre le 4-4-2 et le 4-3-3, et la polyvalence du joueur pourrait lui permettre d’évoluer dans les deux configurations. Le jeu prôné par l’ancien de l’OM se veut plutôt basé sur des attaques placées, avec des joueurs comme Terrier, Gouiri ou Cherki à l’aise dans les petits espaces, même si ce n’est pas encore vraiment concluant. KTE pourra alors apporter de la profondeur et du déséquilibre en jouant en rupture comme il sait si bien le faire. Avec Karl Toko Ekambi, l’OL enregistre l’arrivée d’un joueur précieux par sa polyvalence, et qui a franchi un cap de l’autre côté des Pyrénées. À Rudi Garcia de l’exploiter du mieux possible.